Institut Dorée de Franklin Centre (Les Orphelins de Duplessis)

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Un peu d’histoire…

Durant les années 50, des orphelins ont été internés dans un hôpital psychiatrique suite à un diagnostic de trouble psychiatrique. Vers la fin des années 80, on a remis en doute ce diagnostic. Devenus adultes, ils ont lutté afin d’obtenir une compensation pour leurs droits bafoués.

À l’époque où les enfants de Duplessis sont nés, les grossesses hors mariage étaient très mal vues par la société. Ainsi, les femmes enceintes dans le cadre d’une liaison hors mariage devaient donner naissance loin du jugement des proches. Ces femmes, les « filles mères », se rendaient alors dans les grands centres (à Montréal ou à Québec) où se trouvait un hôpital de la Miséricorde. Ces institutions étaient les seules à assurer gratuitement des soins aux « filles mères ».

Après l’accouchement, ne pouvant retourner dans leur village avec l’enfant « illégitime », deux choix s’offraient aux jeunes mères : rester en ville de façon permanente et y occuper des emplois précaires afin de subvenir aux besoins de leur nouvelle famille, ou encore retourner dans leur village d’origine après avoir laissé l’enfant à la crèche pour l’adoption. La plupart des jeunes « filles mères » optaient d’ailleurs pour ce dernier choix, malgré le déchirement qu’elles ressentaient.

Dans les années 50 au Québec, le séjour des enfants dans les crèches se poursuivait généralement dans les orphelinats alors qu’ils avaient entre 3 et 9 ans. Comme les orphelinats étaient remplis à pleine capacité, certains enfants qui présentaient des troubles comportementaux, étaient envoyés dans les hôpitaux psychiatriques (les asiles). Malheureusement, dans ces murs aucune thérapie considérée comme valable aujourd’hui, n’était administrée à ces enfants. On retrouvait également dans ces endroits des garçons et des filles non-autonomes qui atteignaient respectivement 14 et 18 ans.

Une commission d’enquête (la Commission Garneau) a d’ailleurs exigé en 1944 que les enfants pour qui une éducation était possible, soient retirés des hôpitaux psychiatriques. C’est peu de temps après, en 1950, que l’école Mont-Providence à Rivière-des-Prairies a été fondée. Cette école dirigée par des religieuses avait pour mission d’apporter des enseignements adaptés aux enfants abandonnés qui en avaient besoin. Mentionnons que ces services, très coûteux à assumer, étaient financés au départ par une subvention du gouvernement fédéral donnée dans le cadre d’un programme destiné au domaine de la santé, et non au domaine de l’éducation.

En 1953, les religieuses en charge de cette école ont fait une nouvelle demande d’aide financière au gouvernement pour assurer la continuité de leurs services. Par cette nouvelle demande, le gouvernement fédéral a pris connaissance que l’argent qu’il avait d’abord accordé dans le cadre d’un programme de santé, avait été détourné et utilisé pour subventionner une école. Ottawa a en conséquence refusé d’avancer à nouveau des fonds. Pour obtenir malgré tout le financement fédéral, le Premier Ministre du Québec, Maurice Duplessis, a pris la décision de changer la vocation de l’école pour la transformer en institut psychiatrique. Le nom « enfants de Duplessis » tire d’ailleurs son origine de cette initiative.

En 2001, les Orphelins reçoivent une offre de la part du gouvernement provincial pour une compensation fixe de 10 000 $CAD par personne, plus 1 000 $CAD pour chaque année d’incarcération injuste dans une institution psychiatrique.

Les institutions en cause sont :
L’Orphelinat Notre-Dame de la Merci d’Huberdeau
L’Institut Saint-Jean-Baptiste de Lac-Sergent
L’Orphelinat Saint-Joseph de Chambly
L’Hospice du Sacré-Coeur de Sherbrooke
L’Orphelinat agricole Saint-Joseph de Waterville
Le Centre Notre-Dame de la Santé (Institut Val-du-Lac) de Rock Forest
L’Institut Monseigneur Guay de Lauzon
Le Mont Saint-Aubert d’Orsainville
L’Institut Dorée de Franklin Centre

En 2004, des membres des Orphelins de Duplessis demandèrent au gouvernement du Québec d’exhumer un cimetière à l’abandon dans l’est de Montréal, où ils croyaient trouver les dépouilles d’orphelins qui auraient pu être les objets d’expériences médicales. Selon des témoignages d’individus qui étaient à l’institution psychiatrique Cité de Saint-Jean de Dieu (aujourd’hui l’Hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine), les orphelins servaient souvent de cobayes aux expériences, et plusieurs en moururent. Le groupe souhaite que le gouvernement exhume les cadavres pour fins d’autopsies.


Description des lieux :

L’institution est divisée en 7 bâtiments et une grange. L’endroit n’est pas surveillé et on peut y accéder facilement. La plus part des bâtiments sont en bon état mais certaines pièces peuvent être inondées.

Matériel nécessaire :

Lampe de poche, caméra et gants.

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